A l’aube…

Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve…

Hubert Reeves.

Nous sommes à l’aube d’un bouleversement complet de notre qualité d’être humain.

Trop longtemps, nous avons pensé que rien ne pouvait nous arriver. Que nous étions les maîtres du monde. Que notre intelligence et notre capacité d’adaptation nous aiderait à surmonter toutes les épreuves qui se présenteraient à nous. Force est de constater que nous avions tort.

En effet, en ce début d’année 2020, le monde doit faire face à la plus grave crise de son histoire depuis la seconde guerre mondiale. Un virus de la famille des Coronavirus, venu de Chine, s’est rapidement propagé pour toucher plus de 150 pays à travers le globe. Ce virus, au départ considéré comme bénin s’est vite révélé être bien plus coriace que prévu. Son haut taux de contagion et la faible apparition de symptômes l’ont aidé à se multiplier aux quatre coins du monde. Ces symptômes s’apparentant au départ à un gros rhume ou à une petite grippe, ont pourtant vite fait de se renforcer en pneumonie sévère pour les personnes les plus sensibles à savoir, les personnes âgées et celles présentant déjà des pathologies respiratoires chroniques.

Pris à temps, ce virus peut être soigné dans la majorité des cas. Le nœud du problème réside dans la détection et la suite donné à la maladie. En effet, dans de nombreux cas, le simple fait de rester confiner chez soi, au chaud, à se reposer et à prendre du paracétamol suffit à guérir de soi-même. Cependant, lorsque le virus se fait plus virulent, une hospitalisation est préconisée et un passage par les soins intensifs où l’on place alors le patient sous appareil respiratoire. Le souci est que les systèmes hospitaliers européens et mondiaux manquent cruellement de ces appareils. Ceux-ci coûtent cher et leur nombre n’a pas été prévu pour contrer une telle épidémie.

À l’heure où j’écris ces lignes, plus de 220.000 personnes sont touchées par le virus par le monde et 9000 d’entre elles ont déjà succombées à la maladie. Les pays du monde sont passés les uns après les autres à des mesures de confinement général, demandant à la population de gentiment rester chez elle et à limiter au strict minimum ses déplacements.

Car le véritable nœud du problème réside dans le fait de la capacité des hôpitaux à accueillir les patients gravement atteints. Si l’on ne dépasse pas la capacité totale, on peut sauver un maximum de personnes et, dans le même temps, limiter la propagation du virus. En revanche, lorsque l’on dépasse la capacité totale des hôpitaux à accueillir un nombre élevé de patients, l’on se retrouve dans des situations dramatiques, où les médecins doivent choisir qui sauver et qui sacrifier. C’est ce que l’on observe actuellement en Italie, le pays le plus touché par le Coronavirus dans le monde, juste après la Chine. Plus de 400 personnes trouvent la mort chaque jour depuis maintenant 3 jours. C’est une véritable catastrophe sanitaire et humaine. C’est pourquoi il est impératif d’obliger la population mondiale à rester confinée chez elle, le temps que passe l’épidémie. C’est une question de sécurité sanitaire mondiale ! On ne pourra pas endiguer la maladie sans passer par cette étape cruciale.

Si nous arrivons à nous sortir de cette situation dramatique, nous devrons profondément revoir notre vision du monde et notre façon d’en faire partie intégrante.

Si nous nous en sortons et j’ose croire que l’Homme arrivera à surmonter cette épreuve, nous n’aurons pas d’autre choix que d’ouvrir les yeux sur la Nature qui nous entoure. Sur ses merveilles mais aussi sur ses pires menaces. Nous qui avons été une menace pour Elle depuis tant d’années, nous venons d’apprendre à nos dépens qu’elle peut aussi en être une pour nous.

Nous ne sommes pas invincibles et nous faisons partie du décor. Nous pouvons nous vanter d’avoir un système économique incroyablement sophistiqué et tentaculaire, qui fait tourner la planète entière mais une fois que la Nature s’en mêle et nous met des bâtons dans les roues, on se rend compte à quel point ce système est futile et dénué de bon sens.

Et lorsque l’on dit que l’on ne saurait plus se passer de ces systèmes qui font tourner le monde, j’ai une question à poser. Pourquoi est-il possible de mettre à l’arrêt durant deux mois toutes les économies mondiales, risquer la suppression de plus de 25 millions d’emplois à travers le monde, juste au nom de la guérison ? Lorsque c’est inévitable, l’Homme est capable de mettre tout cela en Stand-By.

Alors pourquoi l’Homme n’est-il pas capable de le faire à un autre moment ? Depuis l’apparition des différents « Lock Down » à travers le monde, le climat ne s’en est jamais aussi bien tiré que sur les 150 dernières années. Les émissions de CO2 et de NO2 sont en chute libre, l’ozone dans l’air n’a jamais été aussi bas, certaines personnes habitant les métropoles voient le ciel bleu pour la première fois. La Nature reprend ses droits là où elle avait totalement disparue. Comme quoi, il ne faut jamais longtemps pour inverser la tendance.

Car finalement, ce virus qui aura certainement fait beaucoup de dégâts ne restera qu’un coup d’essai de la Nature. Ce qui risque de nous tuer tous, c’est notre politique de l’autruche face aux enjeux climatiques. Or, pour nous préserver d’un virus, nous nous montrons capables de tout mettre à l’arrêt alors pourquoi ne pas en faire de même pour nous préserver des catastrophes climatiques à venir ?

Nous sommes à l’aube d’un bouleversement complet de notre qualité d’être humain.

Serons-nous capables de prendre en compte nos erreurs passées ? Sommes-nous capables de tirer les leçons de tout cela ? Sommes-nous capables de voir ce que sont devenues nos vies durant ce « Lock Down » ? Pouvons-nous imaginer un retour aux choses simples ? Nos gouvernements sont-ils capables, si pas d’éviter, au moins d’anticiper les épidémies futures, en imputant un budget plus important au système sanitaire et hospitalier ?

Pourrons-nous à nouveau découvrir les eaux turquoise de Venise sans cet afflux ininterrompu de touristes ? Pourrons-nous enfin apprendre à vivre selon nos réels besoins et non selon ceux que l’on nous impose chaque jour, chaque heure, chaque minute ?

Pourrons-nous dire un jour à nos enfants, que nous avons pu stopper une pandémie et que à la suite de cela, nous avons complètement modifié notre mode de vie en pensant à leur avenir ? Pourrons-nous les regarder dans les yeux et leur dire que nous avons tout tenté pour sauver ce monde dans lequel ils vivent bien malgré eux ?

Je le crois.

Au vu de la situation actuelle, je ne peux que le croire. Mais pour cela, il faudra que tout un chacun y mette du sien. Que chacun respecte les mesures de confinement instaurées par les gouvernements. Et après, quand tout cela sera fini, il faudra que tout un chacun exprime son opinion, son avis et montre à ceux qui dirigent le monde que nous n’avions pas besoin de ça ! Que nous pouvons très bien vivre 7 ans avec le même téléphone. Que nous pouvons nous passer une année sur deux de vacances à l’autre bout du monde. Que notre petite citadine qui a deux ans se porte encore très bien. Que nous n’avons pas besoin du dernier aspirateur dernier cri, que finalement le balai c’est ce qui fonctionne encore le mieux. Que finalement, les soirées entre amis à la maison ou les après-midis en famille avec le grand-père et les parents, c’est encore ce que l’on préfère. Qu’il est bien plus sain et économique de faire à manger chez soi plutôt que d’aller au Quick ou au Pizza Hut. Que finalement, nous aimerions simplement avoir plus de temps ! Le temps de passer du temps à vivre, à côtoyer les êtres chers et non plus à courir après le temps que l’on nous impose ! Prendre le temps, prendre le temps et surtout profiter de chaque journée passée sur cette belle planète. Car pour beaucoup, cette crise aura été fatale et leur aura pris le peu de temps qu’il leur restait.

J’ose espérer que ces malheureux ne seront pas morts en vain ! J’ose espérer que le simple énoncé de leur mémoire aidera les peuples de ce monde à modifier notre façon de penser, de voir et de vivre les choses. Car le temps est précieux et c’est la seule chose sur laquelle nous avons encore un peu de pouvoir.

Alors, mes amis, ma famille, mes proches, l’heure n’est plus à l’indignation. L’heure est à l’agissement ! Levons-nous et d’une seule voix, demandons plus de temps. Demandons plus d’agissements. Demandons une possibilité à nos enfants de vivre heureux, dans le respect de ces valeurs !

Si c’est ce bouleversement complet qui nous attend alors, je suis heureux d’en apercevoir l’aube !

Gardons espoir.

Mathieu Virlée

Un simple être humain.

1 commentaire pour “A l’aube…”

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