Domaine du Chenoy

Découverte du domaine du Chenoy

Ces jours-ci, j’ai l’envie de vous faire découvrir les différents acteurs du vignoble belge. Parce que oui, nous avons des vignobles en Belgique grâce à quelques pionniers qui ont décidé de se lancer il y a quelques années dans la culture de la vigne dans notre plat pays. Et les producteurs sont de plus en plus nombreux puisqu’on en dénombrait 179 fin 2019. D’ailleurs, le nombre d’hectares exploités pour la production de vin belge est en constante augmentation. On dénombre actuellement plus ou moins 400 hectares dédiés à la vigne en Belgique. Certes, on est bien loin des superficies de production françaises ou italiennes mais cela a le mérite d’être signalé, puisque cette superficie devrait encore tripler dans les années à venir. 

Mais revenons en à nos moutons. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le domaine du Chenoy. Situé à La Bruyère, petite commune namuroise située entre Gembloux et Namur. C’est en 2002 que l’histoire commence avec l’acquisition par Philippe Grafé d’un domaine de 11 hectares de terres sur une pente de 15% exposée plein sud. Il y plante sur 6 hectares des pieds de Régent en rouge ainsi que des variétés de cépages dites interspécifiques comme le Bronner, le Merzling, le Johanniter, le Solaris et l’Hélios. Vous avez dit interspécifique ? Quésaco ? 

Il s’agit de cépages qui sont obtenus par pollinisation de variétés d’espèces différentes dont la « vitis vinifera », afin de créer scientifiquement des variétés plus résistantes, qui sont finalement classées aussi comme « vitis vinifera ». 

Donc, on obtient des variétés de cépages résistantes au climat spécifique belge mais également aux maladies. Ces variétés permettent une viticulture de haute qualité, nettement plus respectueuses de l’environnement et des fruits. Ben oui, puisque qui dit moins de maladie et plus de résistance, dit aussi moins de traitements à la vigne. 

Et donc, notre domaine du Chenoy continue son évolution avec la plantation de Pinotin, de Rondo et de Cabertin. En 2014, de nouveaux partenaires investissent dans la conversion en bio pour atteindre cette certification en 2016. Et pour l’avenir ? 

A partir de 2017, Pierre-Marie et Jean-Bernard Despatures, bio-ingénieurs de formations rejoignent le domaine et poursuivent leur évolution. Jean-Bernard a rejoint Bordeaux au début des années 2000 et occupe le poste de directeur des châteaux Anthonic et Dutruch Grand-Poujeaux en Moulin-en-Médoc. Il y fait la connaissance de l’oenologue Eric Boissenot, reconnu pour ses vins d’assemblage. C’est lui qui continue à assembler les vins du domaine du Chenoy à l’heure actuelle. Les deux frères s’attèlent désormais à valoriser une production autour de trois valeurs : Originale, Bio et Locale. 

L’idée est de proposer des vins fins à un excellent rapport qualité/prix. Ils investissent notamment dans un nouveau pressoir pneumatique permettant d’atteindre une plus grande finesse et une meilleure extraction. Une nouvelle plantation de 4 hectares complète celles existantes tandis que la complantation est en marche afin de créer des vins qui reflètent le terroir plus que le cépage. En 2021, le domaine évoluera encore avec l’agrandissement du chai, un déplacement des barriques dans un bâtiment dédié et la création d’un espace de dégustation dans une vieille cave voûtée du XVIIe siècle.

Bref, le domaine du Chenoy est l’un des premiers à avoir planté les bases d’un vignoble belge en constante évolution. L’avenir semble brillant même s’il faudra maintenir les efforts pour se démarquer et continuer de produire des vins fins. Nul doute que nous en reparlerons dans les prochaines années. D’ici-là, santé !

Domaine du Chenoy
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