Clos de la Fouchère

En visite à Torgny

Niché dans un des plus beaux villages de Wallonie, le village de Torgny se situe à la frontière entre la Belgique et la France. Il s’agit là du premier vignoble belge à avoir été replanté après la guerre. En effet, après avoir été arraché intégralement par les allemands, c’est en 1963 que les vignes renaissent ici, à deux pas de la Chiers, petite rivière séparant nos deux pays.

En se baladant dans ce village, on se rend compte que nous avons encore beaucoup à découvrir dans notre plat pays. Torgny qui se fait appeler la petite Provence de par ses toits en tuiles ocres ressemble également de loin au Beaujolais avec ses façades bâties de pierres jaunes où le soleil se reflète.

C’est ici que nous rencontrons « le » Daniel et je met le « le » entre guillemets car dans ces petits villages du fin fond de la Wallonie, c’est ainsi que l’on reconnaît les gens du village. D’ailleurs, le premier domaine à avoir vu le jour à Torgny était le clos de la Zolette. C’est ainsi que se faisait appeler la dame qui a bien voulu revendre ses terres agricoles pour en faire une terre viticole.

Le sol est argilo-calcaire et la pente est orientée au sud-ouest. Le Daniel y cultive depuis 2008 des plants de Riesling, Auxerrois, Rivaner, Zieger, Chardonnay en blanc et Pinot noir, Pinot Saint-Laurent et Burgunder en rouge.

Le Pinot noir apportant la structure, le Saint-Laurent la couleur grâce à sa peau très épaisse et le Burgunder étant très précoce supporte les aléas du climat. 

La vigne est conduite selon les principes de la biodynamie afin de ramener de la vie dans un sol qui a longtemps été malmené par les méfaits des traitements chimiques. La démarche est clairement liée au plaisir de faire du vin. Pas question de devenir un acteur majeur mais le peu de bouteilles produites annuellement se fait dans le plus grand respect de la nature. 

Avec l’aide d’un ingénieur de Bourgogne, Jacques Moreaux, il réussit lui et son associé à sortir des vins de belle envergure. La taille se fait en guyot avec respect des flux de sève. Les vins sont non filtrés et la mise en cave se fait par gravité. On notera également l’utilisation de levures indigènes. 

Une fois n’est pas coutume, j’ai eu la chance de pouvoir déguster leur cuvée en blanc. Voici les notes de dégustation ci-bas. 

A la vue, la robe se pare d’un joli jaune or. 

Le nez s’ouvre sur des notes de miel, de caramel, de citron, de beurre, de coing, de verveine ainsi qu’un côté balsamique. 

En bouche, le côté citrique est assez présent néanmoins arrondi par un certain gras et une belle finale sur l’amertume d’amande fraîche. 

Avec une production d’environ 1000 bouteilles par an, le domaine ne peut s’afficher comme étant un ténor belge mais peut au moins se targuer de produire autant de bouteilles de qualité. La chose que j’ai retenu de cette rencontre est cette sympathie de la part du producteur. Un homme vrai qui veut réellement transmettre sa passion au travers de ses vignes et de ses vins. Le local a tout l’avenir devant lui. A découvrir sans plus tarder.

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