Château de Bousval

Aujourd’hui, je vous invite à plonger dans ce magnifique écrin alliant verdure et modernité qu’est le vignoble du château de Bousval. Ici, le Chardonnay partage l’espace avec le Pinot gris et le Pinot noir. Les 8 hectares de vignes sont plantés avec une densité de 7000 pieds à l’hectare pour favoriser la compétition entre les végétaux. Le vignoble est exposé tantôt au nord tantôt à l’ouest avec des inclinaisons variables. Le sous-sol est composé d’une couche de sable qui a la particularité d’assécher les sols et est complété par du limon et de l’argile.

Chacune des zones du vignoble a ses spécificités. C’est pourquoi les différentes récoltes se font séparément ainsi que les vinifications.

Mais quelle est donc cette tour blanche au milieu des rangs ? Il s’agit d’une tour anti-grêle qui lance de fortes détonations à 400 mètres à la ronde. Celles-ci ont pour but d’empêcher que les cristaux ne se transforment en grêlons, ce qui on le sait peut anéantir des mois de travail en moins de cinq minutes. Mais il n’y a pas que de la grêle dont il faut se méfier en notre plat pays. En effet, les gelées tardives ont un impact désastreux sur la vigne. Le domaine s’est d’ailleurs muni de tours à chaleur (comme chez Ruffus ou Chant d’Eole par exemple) pour lutter contre le gel.

Le domaine attend sa certification en agriculture biologique pour 2021. Il faudra donc attendre 2022 pour voir cette mention apposée sur les bouteilles. Qu’à cela ne tienne, la viticulture est déjà conduite selon les principes biologiques et biodynamiques depuis quelques années. On ne produit ici que du vin tranquille, blanc et rouge avec une production d’environ 20000 bouteilles annuelles réparties en quatre cuvées. La Goutte d’O et le Tout Cru en Chardonnay, l’Ange ou Démon en Pinot noir et le Petit Gris en Pinot gris.

Plantation de haies, perchoirs pour les rapaces, ruches, tout ici est fait pour intégrer et protéger la biodiversité. A l’image de ce magnifique chai en forme de virgule qui se fond parfaitement dans le paysage grâce notamment à son toit végétal. Cette intégration n’est pas la seule raison de la forme du bâtiment. En effet, celui-ci a été pensé pour que toutes les étapes de la vinification se fassent par gravité. Ainsi, les raisins sont apportés par le haut et pressés grâce à un pressoir pneumatique à air. Ensuite, le jus s’écoule vers les différents contenant servant à l’élevage. La chaîne d’embouteillage se trouve tout en bas. Celle-ci utilise une technologie à l’azote. Ce dernier emplit les bouteilles au moment d’embouteiller et permet donc une utilisation restreinte du sulfite.

Tiens, tiens. Quel est donc ce drôle d’appareil tout en cuivre qui ressemble à un scaphandre géant ? Il s’agit d’un alambic à colonne. En pleine action. Ici, on y distille le moût de raisin pour en faire du marc. Dégusté juste à la sortie, à près de 75° d’alcool, ce doux nectar a le don de me redonner des couleurs. L’hiver est bien installé à l’extérieur et ce breuvage réchauffe mon cœur. La visite se poursuit par la dégustation des différentes cuvées. La Goutte d’O se veut minérale, saline même avec un beau gras rappelant les élevages sur lies. Des arômes d’agrumes et de fruits blancs se distinguent. Le Tout Cru lui est plus gras, plus beurré dans un style bourguignon enjôleur et une finale citrique. Le Petit gris se veut plus exotique avec la présence d’ananas frais, d’abricot et de pêche au nez et une finale légèrement amère sur le gingembre. Enfin, l’Ange ou Démon, unique rouge de la gamme profite d’une belle rondeur et d’une belle structure en bouche avec de la cerise noire bien juteuse.

Décidément, le vignoble belge n’en a pas fini de nous surprendre. A bientôt pour de nouvelles découvertes !

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